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Une discussion sans précédent s’est amorcée en Amérique du Nord au sujet de la violence sur les campus. Certes, il y a quelques décennies que, sous l’impulsion de survivantes et survivants, des groupes communautaires, ainsi que des associations étudiantes, du personnel, des membres du corps professoral, des administratrices et administrateurs, des individus et des organismes travaillent à faire reculer cette violence. Grâce à eux, des changements fondamentaux ont été apportés dans les établissements d’enseignement supérieur au cours des dernières années au Canada. En 2016, l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et le Manitoba ont adopté des lois obligeant les établissements (collèges, universités, cégeps et écoles de métier) sur leur territoire à se doter d’une politique autonome en matière de violence sexuelle. D’autres provinces leur ont depuis emboîté le pas.

Résolu à régler ce problème urgent, le gouvernement du Canada s’est engagé à investir 5,5 millions de dollars sur cinq ans pour mettre en place un cadre de prévention et de lutte contre la violence fondée sur le sexe dans les établissements d’enseignement postsecondaire. Le cadre, qui sera formulé en collaboration avec les parties prenantes d’un bout à l’autre du pays, fera état des pratiques, principes et politiques exemplaires. Il mettra à profit les travaux fondamentaux qui ont déjà été réalisés par des établissements d’enseignement ou des organismes pour faire reculer la violence sexuelle.

L’équipe de Possibility Seeds aide le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres à rédiger une première version du cadre avec l’appui d’un comité consultatif formé d’une trentaine de personnes et d’organismes de tout le Canada.

Deux phases cruciales auront lieu au cours des cinq prochains mois. Durant la première, intitulée Écouter pour apprendre, nous nous emploierons à consulter les parties prenantes sur les campus et dans les collectivités d’un bout à l’autre du pays. Durant la deuxième, Construire ensemble, nous nous appuierons sur nos recherches et les observations recueillies durant les séances de consultation de la première phase pour rédiger une politique sur la violence fondée sur le sexe (FVS), dégager des pratiques prometteuses et commencer à articuler des plans de prévention.

La phase Écouter pour apprendre comprend une composante de recherche qui a pour but de faire le tour des politiques existantes dans les établissements d’enseignement supérieur, de les examiner, ainsi que de prendre connaissance des recherches et écrits pertinents. Nous rédigerons ensuite un rapport de synthèse qui soulignera les meilleures pratiques relevées et les lacunes des approches actuelles. Nous y considérerons l’opportunité d’imposer des obligations et les suites à donner. Pour assurer le succès des séances de consultation qui sont prévues avec les parties prenantes sur les campus et dans les collectivités, nous avons élaboré un plan d’action et un outil de mobilisation. Des séances auront lieu un peu partout au pays, ce qui nous permettra de recueillir le point de vue de Canadiennes et Canadiens de divers horizons possédant une expertise en matière de violence genrée sur les campus.

Durant la phase Construire ensemble, nous utiliserons les résultats de nos recherches et consultations pour formuler un cadre national de lutte contre la violence fondée sur le sexe dans les établissements d’enseignement postsecondaire. Celui-ci fournira les éléments de base, notamment: une politique de lutte contre la violence fondée sur le sexe, un plan de prévention et une esquisse des priorités pour la deuxième année de mise en œuvre.